Alors que l’IA transforme rapidement les industries du monde entier, elle devrait également refaçonner les échanges commerciaux. Selon les résultats d'un rapport récent de l’organisation mondiale du commerce, l’IA peut augmenter les valeurs des importations et des exportations de près de 40 pour cent d'ici 2040, avec une croissance du PIB prévue de 12 à 13 pour cent.
Le rapport affirme que l’IA peut aider à réduire les coûts du commerce, à rationaliser la logistique, automatiser les tâches administratives et améliorer l’intelligence de la chaîne d'approvisionnement. À son tour, le commerce devient un moyen de rendre l’IA plus inclusive, en permettant aux économies d’importer des biens en lien avec le secteur de l’IA, comme des semi-conducteurs, des composants électriques et du matériel spécialisé.
« L’IA présente un vaste potentiel de réduction des coûts du commerce et de stimulation de la productivité. Cependant, l’accès aux technologies de l’IA et la capacité à participer au commerce numérique reste fortement inégale », explique Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’OMC en avant-propos du rapport.
IA et commerce : une relation bidirectionnelle
Le rapport souligne que l’IA et le commerce se renforcent mutuellement. Le commerce permet la diffusion des technologies d’IA en donnant l’accès au matériel, aux données et à l’expertise, alors que l’IA améliore l’efficacité du commerce en réduisant les coûts et en optimisant la logistique.
En 2023, le commerce des biens en lien avec l’IA, comme les semi-conducteurs, le matériel informatique spécialisé et les composants optiques, a atteint 2,3 trillions de dollars à l’échelle mondiale. L’OMC prédit que, dans de bonnes conditions, le commerce mondial pourrait augmenter de 34 à 37 pour cent et le PIB mondial de 12 à 14 pour cent d’ici 2040.
Cependant, ces bénéfices sont encore loin d’être garantis. Ils dépendent de choix politiques, des investissements dans les infrastructures et dans l’inclusion numérique, en particulier dans les économies en développement.
Les défis politiques : des droits de douane à la confiance
L’OMC a observé que la politique et les réglementations sont désormais essentielles pour l’impact du commerce dans le secteur de l’IA. Voici certains des aspects clés :
- Les barrières commerciales sont levées : les limites des biens en lien avec l’IA pouvant être importés ou exportés ont augmenté d’environ 130 en 2012 à près de 500 en 2024. Dans certaines économies à faible revenu, les droits de douane sur les biens en lien avec l’IA atteignent jusqu’à 45 %.
- L'importance des données et des services : la majeure partie des effets de transformation en profondeur apportés par l’IA viendront par des services numériques, mais les flux de données transfrontaliers resteront un défi critique.
- Les politiques complémentaires sont essentielle : des investissements larges, une infrastructure dans le cloud, l'énergie renouvelable et la documentation numérique peuvent accompagner la libéralisation du commerce pour éviter les inégalités de résultats.
- La réglementation sur l’IA doit être interopérable : des approches nationales fragmentées comme des règles de localisation de données en conflit, par exemple, pourraient augmenter les coûts du commerce et ralentir l’innovation.
L’OMC introduit également le concept d'un indice d’ouverture de la politique commerciale en matière d’IA (AI-TPOI), qui révèle qu’alors que les économies à fort revenu sont ouvertes au commerce de l’IA et aux flux de données, plusieurs économies à revenu moyen maintiennent des régimes relativement restrictifs. Ces écarts en matière de politique peuvent déterminer qui peut bénéficier du commerce stimulé par l’IA et qui en est exclu.
À travers ce changement, le rapport décrit l’importance de l’inclusion. L’IA offre un fort potentiel d’amélioration de la productivité et de l’efficacité, mais ces avantages ne seront pas répartis de manière homogène si les politiques n'abordent pas les questions des perturbations du marché du travail liées à l’IA, ne comblent pas les fractures numériques, ne favorisent pas une concurrence plus équitable et ne limitent pas les effets environnementaux.
Ce que cela implique pour les entreprises
Pour les professionnels du commerce, ces évolutions représentent à la fois des défis et des opportunités. Pour rester compétitives, les entreprises doivent s'adapter rapidement en se concentrant sur ces points clés :
- La préparation au numérique est synonyme de préparation au commerce : la capacité à traiter, analyser et échanger des données à travers les frontières constitue désormais un avantage commercial. Les outils de conformité basés sur IA et les systèmes douaniers automatisés deviennent des infrastructures essentielles.
- Le changement réglementaire s'accélère : alors que les pays expérimentent les politiques de gestion de l’IA et des données, les environnements de conformité pour le commerce évolueront rapidement. Des logiciels flexibles et configurables seront déterminants pour assurer la conformité.
- L’inclusion créé des opportunités : les entreprises qui aident à combler les fractures numériques en proposant des systèmes interopérables, des formations ou des accès à des outils de commerce numériques trouveront de nouveaux marchés au fur et à mesure de l’intégration de l’IA par les économies.
Chez MIC, nous intégrons activement l’IA et l’apprentissage automatique dans nos solutions de gestion commerciale de nouvelle génération, en mettant clairement l’accent sur la simplification et l'optimisation de processus douaniers complexes. Ceux-ci incluent :
- Classification des tarifs douaniers : les modèles d’IA affinés pour des tâches commerciales spécifiques peuvent automatiser des processus de classification complexes, en réduisant les erreurs et en permettant de gagner du temps.
- Assistants par IA et copilotes : ces outils peuvent guider les utilisateurs pour les déclarations douanières avec des suggestions et des guides étape par étape.
- Traitement intelligent des documents commerciaux (IDP) : Le traitement intelligent des documents assisté par l’IA extrait les données de sources non structurées comme des PDF, des images et des feuilles de calcul pour un processus automatisé et économique.
Avec les outils assistés par l’IA, les professionnels du commerce gardent une longueur d’avance sur les demandes en pleine évolution en matière de conformité et d’activité opérationnelle. Les entreprises qui exercent leur activité à l’intersection entre l’IA et le commerce, comme ceux qui utilisent les solutions de commerce et de processus douaniers numériques de MIC joueront un rôle essentiel dans la concrétisation de la vision de l’OMC : un monde dans lequel l’IA améliore le commerce mondial au bénéfice de tous.
